Lutter contre le radicalisme et le terrorisme exige une stratégie nationale

Face aux attentats terroristes qui ont ébranlé l'Europe ces derniers mois, il nous faut agir. Plusieurs députés ont entamé une démarche en ce sens. Ils présentent un plan de stratégie nationale de lutte contre le radicalisme et le terrorisme. Cette stratégie repose sur d’une part sur des mesures visant à construire une société inclusive et interculturelle, et d’autre part sur des propositions pour répondre à la menace.

Que ce soit à Bruxelles, à Paris, à Copenhague ou à Verviers, les attaques terroristes qui ont eu lieu ces derniers mois ont créé une onde de choc en Europe et, bien sûr, en Belgique. Ils s’inscrivent dans un contexte international et national dramatique sur fond de conflits violents dans plusieurs pays du Moyen-Orient et du nord de l’Afrique et de nombreux départs de jeunes djihadistes, en particulier en Irak et en Syrie. Ils font suite à d’autres attentats meurtriers qui ensanglantent le monde.

Avec ces attentats, les valeurs fondamentales de notre société sont mises en cause. Face à ces menaces majeures, un groupe de travail a été mis sur pied au cdH. Il regroupe des parlementaires et leurs collaborateurs, des experts du radicalisme et du terrorisme et des membres de familles de jeunes djihadistes y ont été entendus. Depuis janvier, ce groupe de travail s'est vu presque toutes les semaines et, finalement, un rapport a émergé de ces travaux. Il a été présenté ce vendredi dans le cadre d'un colloque à la Maison des Parlementaires.

Les députés fédéraux Georges Dallemagne, Vanessa Matz ainsi que Hamza Fassi-Fihri et André du Bus, députés régionaux bruxellois, déposent leurs propositions pour une stratégie nationale de lutte contre le radicalisme et terrorisme. Les députés regrettent le retard pris par le Gouvernement fédéral dans l’exécution des mesures annoncées à la suite des événements de janvier. Plus encore, ils regrettent que ces mesures ne soient pas davantage intégrées pour agir aux différents niveaux : la prévention, l’identification de la menace, la répression ; et enfin et surtout sur les mesures qui visent à construire une société inclusive, respectueuse de tous et fondée sur des valeurs humanistes. Plusieurs propositions sont faites par les députés :

1) Un plan stratégique cohérent et la création d’une autorité de coordination interfédérale en charge de coordonner les réponses au radicalisme

2) La création d’une cellule chargée du blocage des sites internet faisant l’apologie du terrorisme

3) Le retrait des documents de voyage pour empêcher les départs.

4) Le renforcement impératif des contrôles aux frontières extérieures de l’Union Européenne tout en préservant la libre circulation au sein de l’espace Schengen.

5) La création d’une plateforme d’échange de renseignements visant à forcer la collaboration et l’échange d’informations entre Europol et les services de renseignements et de sécurité nationaux.

6) La mise en place d’un centre interfédéral pluridisciplinaire de traitement du radicalisme composé de psychologues, psychiatres, policiers, sociologues afin d’analyser les profils de chaque individu, établir des profils de personnalité, identifier la dangerosité de chaque personne, évaluer le soutien à apporter à l’entourage, ses besoins et identifier la réponse qui semble la plus adéquate : la détention, l’accompagnement à domicile, le soutien à la réintégration…

7) Le développement d’un vrai soutien psychologique et d’un accompagnement des parents dont un des enfants est parti en Syrie ou est en voie de radicalisation.

 

Pour apporter une réponse aux sources du radicalisme et construire une société inclusive et véritablement culturelle, les députés proposent, par exemple, le financement d'initiatives interconvictionnelles, des formations obligatoires pour les ministres de cultes étrangers sur le territoire belge ou encore la mise en oeuvre d'un parcours d'intégration obligatoire.

Une réponse nationale, globale et équilibrée, dotée des moyens nécessaires, qui s’articule tant autour de mesures visant à répondre à la menace que de mesures visant à construire une société inclusive et interculturelle est indispensable pour être la hauteur des enjeux.

Les commentaires sont clôturés