Remplacement des F-16 : la procédure actuelle doit être arrêtée et relancée sur de nouvelles bases afin de poser les jalons d’une Europe de la Défense

Ce mercredi, la Chambre a entamé des auditions indispensables sur les manipulations et dissimulations dans le cadre du dossier de remplacement des F-16 ou de leur possible prolongation. Ce débat est incontournable et les responsabilités de chacun doivent être établies. La rétention d’information avérée est si fondamentale qu’il est impossible, pour nous, de reprendre la procédure d’acquisition d’un successeur aux F-16 (RfGP) « comme si de rien n’était », avec la même équipe aux commandes, selon les mêmes méthodes qui nous ont menés aux dysfonctionnements actuels. Cette procédure doit être impérativement arrêtée, être reformulée et relancéesur de nouvelles bases.

Pour le député Georges DALLEMAGNE, ce serait, en outre, l’occasion pour la Belgique, pays fondateur de l’Union européenne, de poser les jalons d’une Europe de la Défense.

Une Europe de la Défense ne peut se concevoir qu’avec un armement intégré, conçu, développé et partagé entre alliés européens pour répondre à leurs besoins de défense et de sécurité. À ce titre, Georges Dallemagne regrette que la main tendue par la France pour construire un partenariat stratégique européen ait été balayée par le ministre de la Défense. Celui-ci préfère s’obstiner à poursuivre une procédure RfGP qui ne répond pas aux intérêts stratégiques de la Belgique.

Le député souligne ainsi « que le F-35 américain n’a toujours pas fait ses preuves sur le terrain et que son prix est de loin le plus élevé tant à l’achat qu’à l’usage. Il est le double de celui du F-16 à l’achat comme à l’entretien ».

La Belgique doit réinvestir substantiellement dans son équipement militaire afin d’assumer sa part de la sécurité collective et pour atteindre les objectifs fixés en matière de défense au sein de l’OTAN et de l’UE. La Belgique doit conserver une capacité aérienne de pointe et prévoir les budgets adéquats pour ce faire. Mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi : « Acheter des avions américains ou même britanniques, c’est se priver d’une occasion unique pour l’Union européenne de s’équiper en ayant la maîtrise technologique de sa défense et en assurant son indépendance » constate Georges Dallemagne. « C’est passer à côté d’enjeux géostratégiques considérables ».

Par ailleurs, le député souligne les répercussions du choix de la Belgique sur l’emploi : « Notre pays doit évaluer les possibles créations d’emploi et le développement de nos industries technologiques dans les trois régions ».

À la vue de ces différents éléments, le groupe, par la voix de son député, demande que le gouvernement gèle la procédure de remplacement des F-16, afin de travailler dans la sérénité nécessaire et en concertation avec les pays de l’Union européenne engagés dans des programmes de défense aérienne. « De telles décisions pour assurer notre sécurité, qui impactent si lourdement le budget de l’État ne se prennent pas entre quelques officiers sur base d’informations parcellaires, tronquées, voire truquées », conclut Georges Dallemagne.

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