Perspectives toujours sombres chez OSL

Ce 12 novembre, j'interrogeais le ministre Borsus sur la situation de l'entreprise OSL 

B.Dispa: On se souviendra en effet que la maison-mère de cette société a décidé de fermer de manière brutale son antenne aux Isnes, installés sur le parc Crealys, mettant de facto un terme à une cinquantaine d'emplois sur le site dont des emplois de haut niveau, tels que des chercheurs ou des experts informatiques hautement qualifiés. Mes questions tendent à actualiser les informations dans ce dossier. Disposez-vous maintenant d’une analyse plus approfondie de la situation ? Quels sont les résultats des contacts qui ont été noués avec la SOGEPA ? De potentiels repreneurs ont-ils été identifiés ? Si oui, lesquels ? Sinon, qu’entendez-vous faire pour sauver cette entreprise de haute expertise ? Au-delà du drame humain vécu par les travailleurs et leurs familles, c’est une magnifique expertise wallonne qui risque de s’éteindre. Il serait dès lors dommage de laisser filer ce savoir-faire wallon.

Dans sa réponse, le ministre explique que la situation est très compliquée. 

W. Borsus: OSL est un centre de recherche et de développement qui travaille exclusivement pour compte d’Océ Canon. Elle ne possède, m’indique-t-on, aucun actif ni corporel ni incorporel. Les brevets obtenus par OSL appartiennent à la maison-mère. OSL ne dispose pas de force commerciale propre. Son client unique est la maison-mère Canon qui commandite les développements et autres mises au point des produits. Toute la partie commerciale externe est par ailleurs exercée par les équipes du groupe Canon via son réseau de distributeurs. La valeur intrinsèque de l'entreprise se situe donc dans la qualité, dans l'expertise et dans la compétence de son personnel. Comme vous le savez, pour pouvoir justifier une intervention financière de la SOGEPA, il est impératif qu'il y ait aussi une intervention du privé à concurrence des mêmes montants. Il s'agit du principe d'un euro public pour un euro privé. Il faudrait dès lors pouvoir identifier, dans le contexte très spécifique que je viens de décrire, qu'un ou plusieurs partenaires sont disposés à être impliqués dans un projet et qu’il y ait subséquemment et en parallèle un plan d'affaires qui soit considéré comme crédible et pérenne. Malheureusement, sans clientèle propre et compte tenu de l'ensemble de la déclinaison que je viens de décrire de la structure relationnelle à l'intérieur du groupe et sans produit spécifique, il n'est malheureusement pas aisé d'élaborer un plan d'affaires crédible ni de trouver un ou plusieurs investisseurs disposés à reprendre cette entreprise dans ce contexte très particulier. De plus, la maison-mère Canon n'autorisera plus que vraisemblablement pas une éventuelle nouvelle société pour exploiter à des fins commerciales ses propres brevets et autres technologies développés par OSL. Il faudrait donc quasiment repartir de zéro, ce qui me paraît peu probable et vraisemblablement peu réaliste.  Les nouvelles sont assez négatives, je le regrette, mais le descriptif que je viens de faire de la situation me semble correspondre fidèlement à ce que nous avons observé et ce que la SOGEPA a mesuré.

B.Dispa: Effectivement, les perspectives sont très sombres. J’entends que la SOGEPA pourra difficilement intervenir de manière financière, dès lors qu'aucun repreneur ne semble être identifié. Par ailleurs, la piste du centre de compétences est aussi aléatoire. Il y aurait matière à réfléchir sur la viabilité de sociétés de ce type, totalement tributaires de leur maison-mère et de sociétés multinationales qui n'ont pas beaucoup d'égards pour la qualification du personnel,  dès lors que les intérêts financiers peuvent les amener à poser des choix aussi radicaux qu'une délocalisation quasi du jour au lendemain. Merci pour les informations que vous me communiquez concernant l'accompagnement du personnel. Effectivement, c’est désormais dans cette voie-là qu'il faut aller. Dans cette entreprise, il y avait beaucoup de qualification, beaucoup de compétences. J'espère vraiment que la SOGEPA, pourra, comme elle a commencé à le faire, accompagner ces employés de façon à ce qu'ils puissent, en toute connaissance de cause, lorsque les négociations de la procédure Renault auront été menées à leur terme, assurer une reconversion professionnelle au départ de leurs compétences qui, vous l'avez dit, ne sont pas contestées et sont, au contraire, tout à fait reconnues. J'espère que cette compétence pourra être valorisée à l'avenir

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